Chauffeur de taxi

Portrait

taxi « J’avais acheté une licence à crédit pour être taxi à Paris, mais mon but était de travailler suffisament pour pouvoir en avoir une en Essonne. Mais les taxis, c’est une sorte de mafia. Quand tu veux une licence, il faut toujours se ramener avec des valises. Des dessous de table. A Paris la vente de licence est très contrôlée, dans les autres cas, c’est comme ça. J’essayais donc de réunir 30 000€ en liquide pour me payer cette nouvelle licence. Il m’arrivait souvent de me battre pour garder ma recette. Il y a des taxis qui refusent de prendre certains clients sur la base de la couleur de leur peau, moi je ne le faisais pas. Un jour j’ai pris 3 clients. La course se passait très bien, ils étaient plutôt sympatiques. On discutaient, ils étaient drôles. Ils m’ont demandé de les déposer au fond de leur cité. Avec du recul, je pense que je n’aurai pas dû les amener aussi loin. Ils m’ont braqué. Je pense qu’ils l’ont fait pour impressionner les gens de leur quartier. Parce que l’un d’eux m’a fait sortir de la voiture en braquant son arme sur moi, tout un groupe assistant à la scène ; ce n’était pas nécessaire, je pouvais simplement lui donner ma recette à l’intérieur de la voiture… Ils m’ont mis à terre, la foule me mettant des coups. 10 sur 1… Après cet événement, j’ai été incapable de travailler pendant 6 mois. Les taxis paient 3 000€ de charges par mois, je perdais donc beaucoup d’argent, j’étais endetté. C’était une situation très difficile. Et par chance, j’ai pu m’en sortir. Au moment où il y a eu un boom du prix des licences, j’ai revendu la mienne. Au bout du compte, j’aurai gagné 13 000€ en faisant ce métier. J’ai été taxi pendant un moment, ce métier me plaisait bien. Mais j’en serai définitivement dégouté. »

Réadaptation d’une discussion avec un ancien chauffeur de taxi.

Serveuse h25

Portrait

Final


« J’ai toujours voulu faire ce métier. J’y ai fait mes premiers pas à 16 ans en faisant des études dans la restauration. Aujourd’hui je gagne 3 000€ par mois. C’est 2 300€ de salaire et 700€ en pourboires qui sont chaque mois déposés à la banque, mais qui ne sont pas délarés. Pour obtenir une telle somme, je travaille beaucoup : 12h par jour et 5 jours par semaine. Cela m’a permis de voyager et de trouver facilement du travail aux Etats-Unis et en Asie. Cela m’a aussi permis de mettre de l’argent de côté. Mais ce rythme est érintant. A la trentaine le corps commence à montrer les premiers signes de fatigue.

C’est aussi un travail qui ne se termine pas à la fin du service. Nous sommes au contacte du client et beaucoup nous racontent leurs problèmes, ce qui se passe dans leurs vies. Et ces clients, on les croise à l’extérieurs, comme si finalement, on était toujours au travail… »

Réadaptation d’une discussion avec une serveuse parisienne.

Transporteur de greffons à l’international

Descriptif

Le transporteur de greffons à l’international est surtout conduit à transporter de la moelle osseuse ou des cellules souches d’un pays à un autre.

Il est amené à faire de nombreux voyages en Allemagne, pays où le don médical est très ancré. Pour autant, cette destination n’est pas exclusive, le transporteur peut aussi voyager vers les Etat-Unis, à Sydney, à Madrid, ou encore à Jérusalem… Ces déplacements sont réglés par la société. Arrivé sur place, le transporteur reste 2 à 3 jours avec hôtel payé et frais repas. Lors de son voyage, il passe en priorité dans les files d’attente à l’aéroport et à sa demande ou de manière spontanée, il peut facilement être surclassé en avion.

Le seul prérequis académique pour exercer ce métier est une journée de formation à l’agence de la biomédecine. Néanmoins, être transporteur de greffon est un métier assez solitaire. Et c’est surtout un métier de responsabilité. Des vies dépendent du bon accomplissement de la mission du transporteur. Il est appelé pour des situations urgentes ; et il arrive que les receveurs soit en attente de greffe depuis plusieurs années. Ce métier est donc soumis à de nombreuses procédures. Il y a par exemple une courbe de température à respecter au cours du voyage pour ne pas que le greffon soit détérioré. Ce métier génère donc une pression importante pour celui qui l’exerce. C’est ce qui conduit certains à arrêter de l’exercer.

Le transporteur de greffon est appelé à la mission. Le salaire est donc fluctuant. Il avoisine généralement les 1 000€ net par mois.

Directeur de Celio

Descriptif

Final

Dans cette enseigne, il est facile d’être promu. Un employé pourra passer de simple vendeur, à premier-vendeur ; ensuite être directeur-adjoint, puis finalement obtenir le poste de directeur de magasin. Il y a une réelle possiblité et une facilité de progression pour celui qui fait ses preuves.

Ces facilités sont contrebalancées par les conditions de travail d’un directeur. Tout d’abord, un directeur de magasin doit chaque jour réaliser un chiffre d’affaire déterminé. Comme dans tous les commerces, l’un des moyens pour assurer cet objectif est l’exposition des produits. En l’espèce, il s’agit surtout des produits en vitrine. Pourtant un directeur n’a aucun pouvoir quant aux produits à exposer ; qui lui sont en fait imposés.

Il faut ajouter qu’un directeur de magasin est faiblement payé par rapport aux responsabilités afférentes. Il est à peine plus payé qu’un vendeur. Les primes sur les ventes sont très faibles. Un directeur pourra être payé 1 600€ net après 10 ans de service. Et pourtant, il subit une très grosse pression hiérarchique. Chaque jour de travail, il reçoit à l’ouverture et à la fermeture du magasin des coups de téléphone du directeur régional.

Le chiffre a-t-il été réalisé ? S’il n’a pas été réalisé, quels en sont les motifs ? Comment y remédier ? Le chiffre a été réalisé, mais 7 des 10 consignes n’ont pas été remplies, pourquoi ?

Et s’il a la malchance d’être le dernier responsable de magasin à être appelé ce jour là par le directeur, l’attente pourra être longue. Il pourra attendre une heure après la fermeture du magasin pour recevoir l’appel. Sans être payé bien sûr. De même, à la demande du directeur régional, il sera amené à remplacer un salarié absent, alors même que tous les autres membres de l’équipe seront présent. Un remplacement gratuit bien sûr.

Infirmière en psychiatrie

Descriptif

En psychiatrie, une infirmière peut s’occuper de différents types de patients. Il peut s’agir de patients qui ont des maladies mentales comme la schizophrénie ou des troubles de la personnalité. Cela peut aussi concerner des personnes qui souffrent notamment d’autisme ou de trisomie, c’est-à-dire des personnes dont le handicap affecte l’intellect.

En temps normal une infirmière doit ruser, user d’humour et de sourire pour aider et soigner son patient, parce qu’il arrive qu’il soit inquiet ou angoissé à cause de sa maladie ou de son traitement. Mais en psychiatrie, le rapport avec le malade est plus difficile, plus complexe. C’est un autre mode d’interaction. Et c’est ce qui peut plaire dans ce métier. Chaque cas est unique. Tous les jours l’infirmière adopte une nouvelle manière pour communiquer avec son patient. Ce qui marchait hier, peut ne pas marcher aujourd’hui. C’est une remise en cause et un apprentissage constant.

Une infirmière en psychiatrie doit donc aimer le relationnel, le contact. Elle doit aussi faire preuve de patience et de calme. Car dans un moment d’inconscience, un malade peut être violent avec elle.

Le diplôme d’infirmière s’obtient en 3 années d’études et permet de travailler dans tous les services (les puéricultrices, anesthésistes et les infirmières de blocs opératoires sont, elles, diplômées après 5 années d’études). Les futures infirmières doivent faire 9 stages durant ces 3 années.

A l’Ecole de la Croix rouge, elles doivent effectuer au minimum un stage en psychiatrie. C’est dans ce cadre qu’elles peuvent notamment être affectées en centre de toxicomanie, dans une MAS (Maison d’Accueil Spécialisée) qui prend en charge les personnes ayant plusieurs handicaps ou bien encore dans un ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) qui reçoit les personnes handicapées pour qu’elles travaillent en milieu sécurisé.

Pour être diplômé de cette école, il faut aussi réaliser une mission humanitaire à l’étranger qui a lieu en troisième année d’étude. Cette mission répond à certaines conditions. Elle ne peut pas se dérouler en Europe. Et l’étudiante n’a aucune latitude quant au choix du pays de destination. Tout d’abord parce qu’il faut aller là où il y a une réelle demande en soins, une nécessité accrue d’avoir un personnel soignant. Puis ensuite, parce que cette mission n’a pas pour objet d’être simple, mais de confronter les étudiantes à la réalité quotidienne d’une infirmière qui est faite d’aléas et de difficultés. Avoir le choix du pays serait une facilité. Alors qu’au contraire une infirmière peut être amenée à soigner un patient dont elle ne parle même pas la langue…

Avec une étudiante à l’Ecole de la Croix Rouge